Adoptez l'éco-attitude. : n'imprimez ce document que si c'est vraiment nécessaire.
Soyons clair, ce bilan s'inscrit dans un contexte social, économique politique caractérisé par le renforcement de la crise et son cortège de pauvreté. Du rapport sur le mal logement de la fondation Abbé Pierre au constat de toutes les organisations sociales et humanitaires, le constat est unanime et le travail social est le premier témoin (parfois le seul) de ce désastre humain. Il y a de l'indécence et de la vulgarité dans le fossé qui sépare de plus en plus les privilégiés et les pauvres. Il y a de l'indécence à ce que l'on constate et ce que l'on ne fait pas pour réduire cet écart.
Alors que le département des Bouches du Rhône compte 2,96 % de la population française, le département abrite 9 % des bénéficiaires de la CMU, 8,71% des bénéficiaires du RSA, 8,8 % des bénéficiaires de l'API, 8 % sont allocataires de l'AAH. L'on pourrait penser que les budgets de la Solidarité Nationale suivent ces indicateurs de pauvreté, non ! Le constat est amer il faut à minima réduire les dépenses et dans le meilleur des cas faire avec le même porte monnaie. Chaque indicateur ci-dessus évoqué trouve son exemple au jour le jour dans les personnes accueillies à HAS et dans toutes les associations. Lors de veilles sociales, les intervenants sociaux n'ont cessé de tirer les sonnettes d'alarme.
Le 15ème rapport de la fondation Abbé Pierre est lui aussi très précis :
"Alors que la crise économique accentue la précarité et limite la progression des revenus, le déficit d'offre de logement accessible s'est encore accentué dans la période récente et il rend de plus en plus difficile l'accès au logement, non seulement des populations les plus modestes, mais aussi des ménages appartenant aux catégories intermédiaires et aux couches moyennes."
"Entre ceux qui éprouvent des difficultés pour accéder à un logement et ceux qui ne peuvent y demeurer, on comprend que le secteur de l'hébergement soit fortement sollicité. Il apparaît en quelque sorte alimenté "par le bas", par tous ceux que les aléas de la vie fragilisent, dont le nombre augmente dans cette période de crise."
Mais le secteur de l'hébergement est aussi sollicité "par le haut" du fait du caractère sélectif de l'accès au logement ; les "recalés du marché immobilier", notamment des salariés plus ou moins précaires aux ressources faibles et instables, viennent alors solliciter les structures d'hébergement..."
Dans ce contexte HAS a multiplié les initiatives, quelquefois notre association s'est vue reprocher d'en faire trop. Nous avons pourtant au quotidien le sentiment d'en faire encore trop peu.
Qu'il me soit donc encore permis dans ce contexte de remercier les intervenants, les partenaires, les fonctionnaires des services de l'Etat et des collectivités locales qui malgré la crise luttent tous les jours pour garder leur enthousiasme. Et puis et surtout merci à toutes les personnes reçues qui, malgré leur souffrance, nous témoignent tous les jours de leur courage et de leur gentillesse.
Merci à l'équipe salariée pour le travail effectué tout au long de l'année.
Carmelo Franchina
Président d'HAS
Je pense qu'il est utile de rappeler qu'un homme debout est force de proposition ; de dire que nous n'avons pas le loisir de baisser les bras ; que nous trouvons encore ensemble, des pistes, des solutions, des projets d'actions qui trouvent crédits par ceux qui les habitent, à savoir les personnes pour qui nous œuvrons chacun d'entre nous à sa façon.
L'exemple de Prytanes est emblématique sur ce sujet, celui de la rue Curiol l'est également et tout ceux que nous inventerons demain, car nous avons chevillé au corps le culte du vivre ensemble...
Lionel Moynet
Trésorier d'HAS